Nuits de Chine, nuits câlines

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 4 février 2010

Une confiance aveugle

Le vieux paranoïaque que je suis a quelques difficultés notables avec la confiance - ou plus exactement avec son étendue. Comme beaucoup de mes contemporains, du moins je le pense, j'accorde divers niveaux de confiance selon les personnes qui la sollicitent. Entre un inconnu et l'Héritier, il est évident que le niveau de confiance ne sera pas le même[1]. Toutefois, même pour ceux qui me sont les plus proches, ma confiance ne saurait être aveugle.

Sauf lundi dernier, où par obligation il m'a fallu m'en remettre totalement à ma CeT. Suite à un examen occulaire avec dilatation de la rétine[2], je me suis retrouvé pendant quelques heures dans l'incapacité de voir normalement. Et la très piquante lumière hivernale du vif soleil qui régnait sur la région n'arrangeait rien. J'ai dû m'en remettre totalement à ma CeT, qui m'a guidé dans les rues de notre belle et grande ville tel l'aveugle que j'étais temporairement.

Pour tout dire, elle a apprécié l'exercice, qui s'est bien passé. Elle ne pouvait juste pas prévoir que des panneaux de signalisation sortiraient spontanément du sol à quelques centimètres de mon visage, rendant impossible tout évitement.

Notes

[1] Entre une BAGN et l'Héritier non plus.

[2] Je viens de réaliser ce que examen occulaire avec dilatation peut contenir comme potentiel scabreux.

lundi 1 février 2010

Abondance de biens ne nuit (probablement) pas

En me promenant de-ci, de-là, je suis tombé sur un site (au demeurant respectable) qui se révèle quelque peu aggressif quant à sa gestion des cookies. Une copie d'écran valant mieux qu'un long discours...

L'abus de cookies est mauvais pour les dents

51 cookies pour une simple page, tous provenant du même domaine (probablement un fournisseur de bandeaux publicitaires, ou un truc du genre). Si c'est pas de l'overkill, je ne sais pas ce que c'est.

mercredi 27 janvier 2010

Qu'en des termes choisis ces choses-là sont dites...

Il m'a été demandé, dans le cadre d'une manifestation publique destinée aux lycéens, de parler de la protection des données personnelles sur Internet.

Vaste sujet, et je ne dispose que d'une grosse trentaine de minutes pour m'épancher. Autant dire que je reste assez général. J'ai pas mal réfléchi à la chute de ma présentation, et après moult cogitations c'est devenu

Faust et la damnation éternelle
(cliquez sur l'image pour la version originelle).

L'idée est de faire comprendre que la mise en ligne, directement ou non, d'informations parfois très privées n'est pas toujours une bonne idée. Surtout lorsque c'est en échange d'un service apparemment gratuit.

vendredi 22 janvier 2010

Autorité et responsabilité

Une fois n'est pas coutume, le titre de la présente note n'est pas celui qui m'est venu spontanément[1]. Je n'irai pas jusqu'à dire que je me suis censuré, mais j'ai opté pour un titre peut-être moins percutant, plus politiquement correct, mais surtout moins apte à des interprétations complètement aux antipodes de ce que je veux dire. Et pourtant, j'aime bien ça, que l'on se trompe sur le contenu de ma note (Gorge profonde est toujours dans le top des notes lues et des mots-clés recherchés).

Depuis maintenant un peu plus de trois ans, je suis inscrit sur les listes d'experts de justice de notre jolie Cour d'Appel. Tout venant à qui sait attendre, je commence à recevoir des dossiers - certes pas une avalanche, juste ce qu'il faut pour commencer. Surtout du civil, même si quelques dossiers rouges[2] se glissent dans la pile. J'ai encore peu de recul sur la pratique expertale, il s'en faut de beaucoup.

L'expert n'a aucun pouvoir particulier, et c'est une très bonne chose : nous sommes avant tout des techniciens, ni juristes, ni policiers, ni juges. Notre autorité, dans un dossier, est basée sur notre maîtrise technique et sur le fait d'avoir été désigné par un magistrat. En dehors d'un dossier, nous ne sommes rien que des professionnels d'un domaine d'activité. Dans le dossier, nous ne sommes rien que celui qui doit apporter des réponses au magistrat - mais rien de moins, les dites réponses pouvant avoir un impact significatif sur le règlement du dossier.

La responsabilité n'est pas mince. Elle est même terrible.

Pas terrible au sens de génial quand est-ce qu'on recommence ?. Ni au sens de ce que je trouve me terrifie. Non, juste au sens de on n'interagit pas à la légère avec la vie d'individus. Car un dossier d'expertise, au civil comme au pénal[3], ce sont d'abord des êtres humains (ou des personnes morales, mais représentées par des humains). Le rapport d'expertise fera que je serai peut-être qualifié de génie universel par l'un et de moins que rien par l'autre - mais dans tous les cas ce travail aura une influence, qui peut être profonde, sur des individus, leur vie, leur fortune[4].

Je n'imagine pas un expert de justice traitant un dossier par-dessous la jambe.

Notes

[1] Non, vous ne saurez pas le titre auquel je pensais.

[2] Mon code de couleurs personnel : bleu ou vert pour le civil, rouge pour le pénal.

[3] Au pénal, c'est évident et il y a des gens-en-bleu qui interagissent bien plus que ce que je ne peux faire avec la vie des personnes concernées.

[4] Au sens étymologique du terme.

samedi 9 janvier 2010

Quand ça part en vrille...

La vie peut être très drôle. Même au détour d'un appel téléphonique, il y a quelques temps déjà, dans le cadre d'une expertise (au civil). J'avais besoin d'informations, et je m'enquérais auprès du fournisseur d'un certain service.

Tout a commencé par un très classique Bonjour, Nuits de Chine à l'appareil, expert de justice, je souhaite parler à Mme JoliNom s'il-vous-plaît, dit de ma voix qui, si elle n'est pas veloutée au point d'en donner des frissons à distance, n'en est pas moins assez éloignée de la crécelle.

Je m'attendais à plein de réponses de la part de ma correspondante, mais pas à un Pourquoi tant de haine ? sussuré d'une voix aussi interrogative qu'amusée. Il n'y a à mon avis que deux réactions à pareille réplique : on prend la mouche ou on sourit. Ce fut le second choix pour moi, et l'échange, tout en me permettant d'atteindre mon objectif (ou presque), a tangenté le grand n'importe quoi par moments.

Petit florilège :

  • Elle : Hooo je ne sais pas si je vais vous la passer, elle est très occupée et vous me semblez un bien vilain garçon.
  • Elle : On me dit qu'elle est allée se cacher dans une armoire. Peut-elle vous rappeler ? Moi : Bien sûr. Comme je suis souvent en déplacement je vous donne mon fixe et mon portable. Elle : Voilà une bonne initiative, enfin un homme intelligent.
  • Elle, après que je lui ai donné mon numéro fixe : Vous êtes dans le ... sud-ouest ? Il doit faire beau là-bas, non ? Moi : C'est vrai mais, vous savez, 20 degrés en novembre, c'est difficile à supporter. Elle : Haaa, les coups bas sont interdits !

J'ignore si cette personne accueille téléphoniquement tout le monde de la même manière - ce pourrait être risqué pour elle si elle tombe sur un chagrin. Il faut cependant reconnaître que c'est bien plus agréable que les portes de prison sur lesquelles on tombe parfois. Cinq minutes de rire valant paraît-il un bon steak, nous avons bien mangé.

jeudi 7 janvier 2010

Y'en a qui devraient faire plus attention

Les petits outils où on clique comme des bêtes pour faire quelque chose, au lieu de réfléchir un peu, c'est parfois des pièges. Voilà un message que j'ai reçu de l'un de mes fournisseurs...

J'espère pour eux qu'ils ont pensé à changer leur mot de passe...

mercredi 30 décembre 2009

Difficultés de communication dans le couple

Ceux qui ont la chance (ou la malchance, tout dépend du point de vue) d'être en couple savent que, parfois, il n'est pas facile de communiquer avec sa moitié. J'ai eu droit à

Est-ce que tu sais où j'ai mis le truc, pour le tralala ?[1]

Je fais quoi, moi, avec une pareille question ?

Notes

[1] Aucun sous-entendu sexuel dans la question.

mercredi 9 décembre 2009

Pitt me gonfle

Je ne parle pas de Brad, mais du Pitt d'EDF. Celui qui m'envoie des mails pour m'amener à passer à la version électronique de la facture d'électricité.

Pitt, tu me gaves sévère.

Primo, mon loulou, quand on envoie un message dont le titre est totalement déconnecté du contenu du dit message, c'est pas honnête. Quand en plus ce titre est Venez découvrir mes vidéos, sincèrement, c'est de la technique de spammeur.

Venez voir mes vidéos

Secundo, tant qu'il existera dans notre belle contrée des organismes, publics ou privés, qui demandent une facture EDF comme justificatif de domicile et, pour l'avoir testé, refusent un papier visiblement imprimé par le porteur du dit papier, ben je garde mon papier EDF.

Tertio, quand on insulte la personne à qui l'on s'adresse, faut pas s'attendre à ce qu'elle réagisse bien. Complètement dépassé le type qui veut des factures papier. Réfractaire. Has been. Dinosaure. Pue-du-bec.

Pitt m'insulte

Et quarto, surtout, je n'aime pas qu'on se fasse de la laine sur mon dos. Parce que la facture, si je la veux :

  1. il faut que j'aille la chercher. Disons, le temps de se connecter, de taper les identifiants qu'il faut, gna gna gna, 10 minutes de mon temps que j'ai mieux à faire avec.
  2. il faut que je la télécharge et que je l''imprime. C'est avec mon contrat de connexion à Internet que j'ai payé avec mes sous, sur mon ordinateur que j'ai aussi payé avec mes sous, avec mon imprimante, mon papier et mes cartouche laser que j'ai, toujours, payé avec mes sous.
  3. et je ne parle même pas des problèmes purement techniques qui peuvent survenir (pas de factures vieilles de plus de N années, incident informatique le jour où j'ai absolument besoin d'une copie de la facture, pas de connexion au net, etc...).

En bref, ça transfère la charge et les risques du monde physique au client, avec l'ensemble des coûts associés. Non, ce n'est pas gratuit mon p'tit Pitt. Pour toi, bien sûr, tu n'as plus à imprimer, à mettre sous enveloppe, à affranchir. C'est donc très, très intéressant, l'économie est significative (à l'emporte-pièce : une facture, imprimée et affranchie, amortissement des matériels compris, coûte 50 centimes; multipliez ça par le nombre de clients EDF et par des envois tous les deux mois et vous obtenez un bon paquet d'euros). Mais pour moi, ça coûte.

Donc c'est niet tant que le transfert des coûts n'aura pas été compensé sur ma facture.

Par contre je vous encourage tous, vous mes trois fidèles lecteurs, à passer à la facture électronique de Pitt chez EDF. Pour une raison simple : moins nous serons nombreux à conserver une facture papier, plus celle-ci coûtera cher à EDF. Par un raisonnement purement économique, plus EDF sera alors motivé à proposer une réduction (récurrente, évidemment) aux vilains réfractaires que je serai à moi tout seul.

mardi 8 décembre 2009

Strict ?

J'ai eu une surprise hier, dont je ne sais encore si elle est agréable ou non.

En discutant avec un avocat, j'ai appris que j'étais considéré comme un expert de justice plutôt strict. J'ignore si c'est une considération ponctuelle (dans ce cabinet d'avocats, avec lequel je n'ai pourtant jamais interragi auparavant) ou plus générale.

Je préfère strict à dur[1]. Mais je m'interroge sur la base à partir de laquelle cette réputation se fabrique : je n'ai pas reçu tant de missions d'expertise que cela sur les 18 derniers mois. Une grosse dizaine d'avocats me connaissent et peuvent formuler un avis informé. Certes, les avocats discutent entre eux et il est normal, lorsqu'un nouvel expert apparaît à l'horizon, qu'ils s'échangent des informations.

Ca me fait quand même bizarre. Flatteur, d'une indéniable façon, mais bizarre.

Notes

[1] Et plus encore à borné ou mauvais.

mardi 1 décembre 2009

La semaine de tous les dangers

Un rapport d'expertise civile (dans les délais) et un rapport d'expertise pénale (un peu en retard, mais le magistrat est informé et a donné son accord) à rendre.

Mais surtout ma CeT a passé l'épreuve de conduite du permis vendredi dernier. Jeudi soir dernier, je lui ai mis mon téléphone portable dans les mains, et elle était tellement nerveuse que ça a rechargé la batterie. Cette semaine, nous attendons le résultat. Dixit :

  • si j'ai le permis, je me bourre la gueule pour fêter ça
  • si j'ai pas le permis, je me bourre la gueule pour oublier ça.

Autant dire que je suis chez moi, à distance, et j'attends que ça se passe.

- page 1 de 44